Chantal Prouhet
Vingt-deux ans secrétaire de mairie dans deux communes rurales de Charente. Elle a tapé les devis de charpente de deux églises.
Pendant vingt-deux ans, j'ai été secrétaire de mairie dans deux communes de moins de cinq cents habitants. Le poste, c'est l'état civil, l'urbanisme, les cantines, les cimetières, et l'église. Depuis 1905, c'est la commune qui en est propriétaire, et donc c'est la commune qui paie la charpente, la couverture, le paratonnerre et l'assurance.
J'ai tapé des devis à 180 000 euros pour une toiture, dans un budget communal qui n'avait pas 180 000 euros. J'ai rédigé un arrêté de péril sur un clocher en 2013, envoyé trois dossiers de subvention à la direction régionale des affaires culturelles entre 2016 et 2019, dont un seul a été accepté, et préparé en 2019 une délibération sur la vente d'une chapelle qui n'a jamais été mise au vote.
Ce que je couvre ici
Qui possède quoi depuis la loi du 9 décembre 1905, ce que coûte l'entretien, comment se désaffecte un édifice cultuel et ce qu'on a le droit d'en faire ensuite. Le marché des églises à vendre, qui existe et dont les prix sont publics. Les chiffres de la pratique, avec leur source et leur méthode, parce qu'entre « se déclarer catholique » et « aller à la messe le dimanche », il y a un facteur dix et que beaucoup d'articles confondent les deux.
Je travaille sur des registres de délibérations, des arrêtés, des budgets primitifs et des enquêtes publiées. Je donne les montants quand je les ai, et la date à laquelle ils ont été établis, parce qu'un devis de couverture de 2013 ne veut plus rien dire aujourd'hui.
Ce sur quoi je ne me prononce pas
Je ne suis ni juriste, ni élue, ni fonctionnaire territoriale en poste. Sur la loi de 1905, sur la propriété et sur la désaffectation, je cite l'article et je renvoie à Légifrance. Je ne dis pas à une commune ce qu'elle doit faire : elle a un préfet, un service instructeur et parfois un avocat pour ça.
Aucun montant publié ici n'est rattaché à une commune identifiable sans son accord. Les ordres de grandeur viennent de dossiers réels, les noms n'y sont pas.
Une manie
Je relève les inscriptions de cloches. La date de fonte, le nom du parrain et de la marraine, le fondeur. J'en ai une soixantaine dans un cahier. C'est de l'épigraphie campanaire, ça ne sert à personne, et c'est la seule chose de ce métier que je n'ai jamais eu à justifier devant un conseil municipal.
Les textes signés Chantal Prouhet décrivent des pratiques administratives observées et citent les textes applicables. Ils ne constituent pas un conseil juridique. Pour toute question de propriété, de désaffectation ou de subvention, la référence est Légifrance et les services de l'État.