Le chant d'entrée de la messe
Le chant d'entrée a une fonction précise et une durée déterminée par la longueur de la nef. Ce qu'il fait, qui le choisit, et pourquoi ce sont toujours les mêmes.
Par Clémence Ravoisier · 2026-09-03
Peu de gens tapent la question telle quelle, et pourtant elle se pose chaque semaine à ceux qui préparent une messe ou un mariage, comme à celui qui se demande, en reposant la feuille, d'où sort le morceau qu'il vient de chanter sans le connaître.
Sa fonction, telle qu'elle est écrite
La présentation générale du missel romain lui assigne quatre rôles : ouvrir la célébration, favoriser l'union de l'assemblée, introduire à l'esprit du temps liturgique ou de la fête, et accompagner la procession d'entrée.
Le quatrième est le plus concret, et c'est lui qui décide de la durée, puisque le chant dure ce qu'il faut au célébrant pour aller de la sacristie à l'autel. Cela donne deux couplets dans une église de village, quatre dans une nef longue, et six le jour où l'évêque vient et où le cortège avance plus lentement. Au banc de l'organiste, on apprend vite à surveiller du coin de l'œil l'allée centrale, pour savoir s'il faut reprendre un couplet ou conclure.
Qui le choisit
Rarement le prêtre. Dans la plupart des paroisses, c'est l'équipe liturgique qui s'en charge, parfois l'organiste, et souvent la même personne depuis quinze ans. Le choix se fait dans un répertoire borné par trois contraintes : ce que l'assemblée sait chanter sans partition, ce que l'organiste sait accompagner, et ce qui correspond au temps liturgique.
La troisième est la plus souple, ce qui explique que le même chant puisse revenir trois dimanches d'affilée sans que personne ne s'en aperçoive.
Ceux qui reviennent toujours
Le répertoire réellement pratiqué dans une paroisse française tient dans une trentaine de titres, et une dizaine d'entre eux couvrent la moitié des dimanches. On y trouve les chants de rassemblement issus du renouveau liturgique des années 1970, ceux de la Communauté de l'Emmanuel et des communautés nouvelles dans les paroisses qui en relèvent, ainsi qu'un fonds plus ancien qui remonte aux cantiques du dix-neuvième siècle.
Les chants de Taizé, courts et répétitifs, ont pris une place importante depuis les années 1990, surtout là où l'assemblée est peu nombreuse : quand on est douze dans une nef trop grande, un ostinato de quatre mesures tient mieux qu'un cantique à cinq couplets.
Ce que le chant d'entrée dit du reste
Il livre en trente secondes une information utile sur ce qui vous attend. Un ordinaire chanté annonce une messe d'environ une heure, un chant récité annonce une messe de semaine, et un chant que personne ne connaît, distribué sur une feuille, annonce presque toujours un mariage. Pendant seize ans, j'ai vu ces feuilles-là arriver sur mon pupitre le samedi matin, encore tièdes de la photocopieuse.
Quand l'assemblée chante à trois voix sans partition, c'est qu'il y a une chorale, et il faut alors compter dix minutes de plus au total.
Le cas des antiennes
Le missel prévoit pour chaque jour une antienne d'ouverture propre, un verset court tiré le plus souvent des psaumes. Elle est imprimée dans le missel, mais dans l'immense majorité des paroisses françaises elle n'est ni chantée ni lue, parce que le chant la remplace, ce que le texte autorise expressément.
Dans les célébrations en latin et dans les communautés monastiques, l'antienne grégorienne est au contraire la norme, et le chant d'entrée au sens ordinaire n'y existe pas.